28 septembre 2008
je suis sur un petit nuage
une excellente nouvelle pour clore la trilogie des nuages :
j'avais envoyé en mai un dossier pour participer à la 7ème biennale internationale de gravure contemporaine de liège et je viens de recevoir la réponse : je suis sélectionnée !
rendez-vous donc en février 2009 au mamac (musée d'art moderne et d'art contemporain)
l'occasion pour moi de découvrir cette partie de la belgique que je ne connais pas.
dans l'immédiat je dois m'occuper de l'envoi de mes travaux : les grands totems + 3 autres plus petits présents dans l'album "gravures". la question du moment c'est de savoir comment je vais m'y prendre pour les faire voyager.
et puisque j'évoque les albums, je vous annonce la naissance d'un nouvel album "boîtes". (la mise à jour des albums c'est souvent la partie immergée de l'iceberg que j'aurais tendance à négliger)
il me reste à remercier les fidèles qui me visitent et me laissent des messages toujours si plaisants à lire et les nouveaux, nouvelles comme lennie dont je vous invite à visiter le blog.
18 septembre 2008
nuage écrasé par des fleurs
comme pour le nuage (que je n'ai pas délaissé, il va réapparaître un peu plus bas) les autres images passent à la machine à plastifier. j'adore cet outil, détourné de sa fonction bureaucratique. il permet au papier de se transformer en objet et lui assure rigidité et imperméabilité, ce qui n'est d'ailleurs pas sans poser problème parfois.
une fleur plastifiée, pas très poétique écrit comme ça ! ce n'est pourtant que le début de ses misères...
car voici maintenant le passage fatal sur la machine à coudre. celle-ci, une singer offerte par ma grand-mère il y a bien des années a dû coudre plus de papier et autres matières bizarres que de tissu. elle crache parfois des petits paquets de cellulose mais tient vaillamment le coup et si elle tombe en panne j'imagine les yeux étonnés du réparateur en découvrant dans son ventre les traces poussiéreuses de mes diverses expériences.
pour cette fois, je me contente de surpiquer au point zig-zag les bords de l'image, c'est la finition avant l'heure.
c'est ici que le nuage fait timidement son retour sur scène, écrasé par les fleurs.

mais le revoilà enfin, plus beau que jamais !
blague à part, cette étape est LA PLUS IMPORTANTE de tout le processus créatif. c'est seulement à ce stade que les gravures trouvent à s'assembler entr'elles pour développer leur potentiel narratif. je les permute, intercale, remplace, pivote... jusqu'à trouver la "bonne" composition. le tout est réalisé dans le bordel le plus complet, comme vous pouvez le constater.
et puis c'est reparti pour une deuxième séance de piquage dite "phase d'assemblage" au point droit. là ça se complique vu l'espace restreint entre le corps de la machine et le pied, conjugués à cette volontaire rigidité des papiers évoquée plus haut.
la séance de couture se termine en acrobatie. au fur et à mesure que j'assemble les pièces je me retrouve avec une guirlande envahissante que je tiens d'une main tandis que l'autre essaye tant bien que mal de diriger la ligne de piqure.
grand totem n° 1 / 2008 Copyleft: http://www.artlibre.org
le résultat : un grand totem à suspendre (environ 150 cm pour celui-ci mais il y en a d'autres plus grands)
pour conclure, je change de sujet avec cette annonce présentant le jeu de dominos que nous avons conçu avec mon amie cleide saito. toutes les pièces sont visibles dans l'album "en commun", en haut à droite de mon blog.
à bientôt et merci pour vos commentaires
07 septembre 2008
naissance d'un nuage
je ne saute pas du coq (dans la boîte) à l'âne, même si l'ensemble peut paraître un peu brouillon: j'ai entrepris depuis quelques semaines un travail sur les boîtes et plus particulièrement sur ce qu'elles renferment. j'avance en parallèle sur les pistes dessin, mises en scène de vraies boîtes et linogravures.
du côté linogravure, les boîtes dévoilent entre autres des nuages...
d'abord il y a les croquis (ici un morceau de ciel de mes vacances en auvergne) qui m'aident à définir une forme ou une composition
puis vient le dessin sur la plaque de linoléum, le plus souvent à main levée. ici le crayon blanc m'aide à visualiser les effets de lumière à donner au nuage. la gravure sur lino comme sur bois est une gravure en taille d'épargne, c'est-à-dire qu'on épargne toutes les parties que l'on veut imprimer (le dessin) et donc que l'on creuse à l'aide d'une gouge ce qui devra rester vierge.
pour changer, je décide d'utiliser de l'encre blanche
après le passage du rouleau encreur, c'est l'émotion et la découverte. l'image n'est pas encore imprimée mais elle dévoile déjà son trait et sa structure : une des caractéristiques de la gravure sur lino c'est de laisser une trace visible du travail de la gouge, les espaces vierges que j'évoquais précédemment sont en fait peuplés des rides creusées par l'outil et c'est cette identité si particulière que j'aime tant utiliser.
vient enfin l'impression : l'image imprimée est inversée par rapport à la matrice. j'utilise ici du papier de récupération, des fragments d'affiches dont couleurs et éventuellement lettrages enrichissent la composition.
tous mes derniers tirages linos sont découpés puis plastifiés et cousus, j'ai déjà écrit un mot sur le sujet dans un précédent post mais je montrerai la suite des détails de fabrication la prochaine fois.
le nuage vous salue et vous dit à la semaine prochaine pour la mise en boîte.























